21 février 2026 – en visioconférence
1. Retour sur la synthèse précédente : entre reconnaissance individuelle et parole collective
Dès le début de la séance, le groupe revient sur la synthèse de la séance 4, qui avait adopté une forme plus fluide, fusionnant les interventions plutôt que de les attribuer individuellement. Cette façon de faire suscite des réactions contrastées, révélant des attentes différentes face à la parole collective.
Pour certains, cette approche reflète bien la dynamique du groupe : « J’ai beaucoup aimé cette façon d’écrire. On sent le jeu de ce que tu as entendu, pas un verbatim. Ça permet de voir ce qui émerge du groupe, pas des individuels. » Cette préférence pour une écriture collective suggère un besoin de créer un espace commun, où les voix individuelles se fondent pour dégager une parole partagée. « C’est comme une mise au travail commun, pas une parole, puis une autre, mais une parole qui nous rassemble », précise un participant. Cette vision met en lumière une tension fondamentale : comment concilier l’expression de soi et l’appartenance à un collectif ? Comment se reconnaître dans une parole qui nous dépasse ?
D’autres, en revanche, expriment le besoin de garder une trace identifiable de leur contribution : « Moi, je préfère quand même la présentation où chaque personne qui a tenu des propos se reconnaît. » Cette préférence s’explique par le désir de situer sa propre voix dans le texte, de ne pas se perdre dans l’anonymat du groupe. « Il est plus facile de se retrouver dans un texte où les propos sont attribués », explique un autre. Ce débat sur la forme révèle une question plus large : comment concilier l’individuel et le collectif sans que l’un n’efface l’autre ?
Un consensus se dégage finalement : le texte est validé en l’état, mais le groupe convient de continuer à discuter de la forme des prochaines synthèses. « Ce qui est intéressant, c’est qu’on entend une polyphonie : certains préfèrent se reconnaître dans le verbatim, d’autres aiment cette écriture plus fluide », observe un participant. « L’idée n’est pas d’être tous d’accord, mais de trouver une forme qui serve le travail commun », ajoute un autre. La synthèse est donc validée, tout en laissant la porte ouverte à des adaptations futures. Ce compromis reflète une recherche d’équilibre entre la singularité de chaque voix et la construction d’une parole commune, un enjeu qui résonne avec le thème même du séminaire : comment appartenir à un groupe sans y perdre son identité ?
2. Introduction du thème : une bande de Möbius entre soi et sa mère
La question du jour, « Pourquoi, à 50 ans, croit-on encore appartenir à sa mère ? », est posée comme une énigme à explorer ensemble. Pour l’illustrer, l’image de la bande de Möbius est évoquée, cette surface où l’intérieur et l’extérieur s’entremêlent sans fin. « On s’était mis d’accord sur cette reformulation : bon sang, pourquoi à 50 ans on a encore ce sentiment d’appartenir soit au corps de notre mère, soit qu’elle est là ? », rappelle un participant. Cette métaphore visuelle permet de saisir l’ambiguïté du lien maternel : un espace où les frontières entre soi et l’autre deviennent floues, où l’on ne sait plus très bien où commence l’un et où finit l’autre.
Un participant souligne que cette question avait émergé naturellement lors de la séance précédente, où le corps et la croyance étaient au centre des échanges. « La dernière fois, on a parlé de “croire et corps”, et nos mères revenaient tout le temps », dit-il. « On s’est rendu compte que le corps de nos mères était un point de retour constant », ajoute un autre. Ce constat montre que le lien maternel n’est pas seulement une relation parmi d’autres, mais un point d’ancrage qui persiste bien au-delà de l’enfance. « Aujourd’hui, on veut explorer ce rapport à nos mères dans cette idée de “on croit que…” », poursuit-il. « Qu’est-ce qui se noue là ? Qu’est-ce qui se joue dans ce lien qui persiste, même à l’âge adulte ? »
L’invitation est lancée : partager des expériences sans chercher de réponses toutes faites, mais explorer ensemble les mécanismes de ce lien. « Techniquement, ce n’est pas si simple », note un participant. « On va essayer de comprendre ce qui se passe dans ce “on croit que…”, qui peut aller jusqu’à ressentir physiquement la présence de sa mère, comme une envahissante ou une protection ». Cette formulation souligne la dimension à la fois concrète et symbolique du lien maternel : il ne s’agit pas seulement d’une croyance abstraite, mais d’une expérience incarnée, qui peut se manifester par des sensations, des rêves, ou même des symptômes physiques. Le groupe est ainsi invité à plonger dans l’ambiguïté de ce lien, à en explorer les contours sans chercher à le rationaliser trop vite.
3. La culpabilité : un fil rouge des récits
Dès les premiers témoignages, la culpabilité émerge comme un thème central, un fil rouge qui traverse les récits. « Ma mère m’appelle tout le temps sur mon téléphone. Elle me dit : “Tu veux bien me rappeler ?” Et moi, je me sens coupable si je ne le fais pas », partage une participante. Cette culpabilité n’est pas un simple sentiment passager, mais une présence tenace, liée à un sentiment de dette envers la mère. « C’est comme si je lui devais quelque chose, juste parce qu’elle est ma mère », explique-t-elle. Ce témoignage révèle un contrat implicite : en tant qu’enfant, on se sent redevable de la vie que la mère nous a donnée, et cette dette semble impossible à rembourser.
Un autre participant renchérit : « Moi, je culpabilisais à mort de dire non. “Non, je n’ai pas envie d’aller bouffer chez toi. Non, je ne veux pas que tu m’appelles tous les jours.” » « Aujourd’hui, je ressens moins cette violence, mais c’est toujours là, en arrière-plan », confie-t-il. Cette culpabilité persistante suggère que le lien maternel n’est pas seulement une relation d’amour, mais aussi une relation de pouvoir, où la mère occupe une place à la fois protectrice et contraignante. « Ma mère est envahissante, elle contrôle ma vie, elle me fait du chantage », raconte une autre participante. « À un moment, j’ai eu envie de disparaître. C’était une question de survie. Je me sentais comme l’handicapée de la famille, toujours malade, toujours en dette ». Ces mots illustrent à quel point la culpabilité peut devenir étouffante, au point de menacer l’identité même de l’enfant devenu adulte.
Un autre témoignage vient éclairer cette dynamique : « Même maintenant, quand je refuse une invitation, je me sens coupable. Comme si je trahissais un contrat implicite ». « C’est comme si on n’avait pas le droit de grandir, de prendre notre place », ajoute un participant. « On dirait que la mère attend quelque chose qu’on ne peut jamais tout à fait lui donner ». Ces phrases montrent que la culpabilité n’est pas seulement subie, mais aussi intériorisée : elle devient une partie de soi, une voix intérieure qui rappelle sans cesse que l’on n’en fait jamais assez. Comment se libérer de cette dette symbolique ? Comment grandir sans avoir l’impression de trahir sa mère ? Ces questions restent en suspens, ouvrant la voie à une exploration plus approfondie des mécanismes du lien maternel.
4. Fusion et confusion : quand les corps se mêlent
Plusieurs récits illustrent une difficulté à se séparer, une confusion entre les corps et les désirs qui persiste bien au-delà de l’enfance. « Ma mère trouvait un vêtement en magasin et disait : “Tiens, tu pourrais l’essayer, ça donnera la même chose, toi et moi c’est pareil” », raconte une participante. « Elle ne voyait pas que j’avais mon propre corps, mes propres goûts », précise-t-elle. Ce témoignage révèle une fusion entre la mère et l’enfant, où les limites entre les deux s’estompent. « C’était comme si elle ne reconnaissait pas mon individualité », explique-t-elle. Cette confusion des corps et des désirs montre à quel point la séparation est un processus complexe et douloureux, qui ne se limite pas à l’adolescence, mais peut perdurer toute une vie.
Une autre expérience partagée illustre cette dynamique : « Quand ma mère avait des problèmes de cervicale, moi aussi. Comme si nos corps étaient synchronisés ». « Mon médecin a dû lui dire : “Laissez votre fille parler. C’est son corps, pas le vôtre” », ajoute une autre participante. Ce récit met en lumière le rôle crucial d’un tiers séparateur – ici, le médecin – pour rétablir les frontières entre la mère et l’enfant. Sans cette intervention extérieure, la fusion risque de perdurer, empêchant l’enfant de devenir un sujet à part entière.
Les rêves sont aussi un terrain où cette fusion se manifeste de manière frappante. « Dans mes rêves, je visite souvent le ventre de ma mère. C’est un lieu chaud, sécurisant, mais en même temps, je sens que je ne peux pas en sortir », confie un participant. « Je retourne sans cesse dans la maison de mon enfance, notamment la cuisine. J’y cherche toujours quelque chose, comme mon téléphone ou mon ordinateur. Ces objets, c’est comme si c’était des morceaux de moi que j’ai perdus ». Ces images oniriques suggèrent que le ventre maternel et la maison d’enfance sont des lieux symboliques où l’on retourne pour retrouver une partie de soi-même. « C’est comme si je cherchais quelque chose que j’ai laissé là-bas », explique-t-il. « Comme si une partie de moi était restée prisonnière de ce lien ».
Un témoignage particulièrement frappant vient renforcer cette idée : « Ma mère parlait à ma place chez le diabétologue, comme si c’était elle qui vivait mon diabète ». « On a l’impression que la mère a du mal à accepter que son enfant devienne un adulte », observe un autre participant. « Quitter le corps de la mère équivaut à une trahison », résume une participante. Ces paroles montrent que la fusion n’est pas seulement une étape du développement, mais une tentation permanente, qui peut resurgir à tout moment, surtout dans les situations de vulnérabilité.
5. La dette : un poids invisible
La dette envers la mère est un autre thème récurrent, qui émerge avec force dans les récits. « J’ai le sentiment d’avoir une dette envers elle depuis que je suis née », dit une participante. « Elle me rappelle souvent que c’est à mon tour de m’occuper d’elle, comme si je lui devais quelque chose », ajoute-t-elle. Cette dette n’est pas seulement matérielle ou financière, mais symbolique : elle concerne la vie elle-même, et semble donc impossible à rembourser.
Un participant raconte comment sa mère lui a offert une batterie de casseroles à 8 ans, un cadeau qui symbolisait à la fois une préparation à l’autonomie et un rappel de ses attentes. « C’était comme si elle me disait : “Un jour, tu partiras, mais n’oublie pas que tu me dois tout” », explique-t-il. « Pourtant, elle n’a jamais entendu mon désir d’avoir une poupée, ou simplement d’être écouté », précise-t-il. Ce témoignage révèle un déséquilibre fondamental dans la relation maternelle : la mère donne, mais elle attend aussi quelque chose en retour, souvent sans le formuler clairement. « C’était comme si elle préparait mon départ, mais en me rappelant que je lui devais tout », dit-il.
Une autre anecdote douloureuse vient illustrer cette dynamique : « J’ai demandé un appareil photo pour mon anniversaire. Mon père m’a donné de l’argent, mais ma mère n’a rien dit. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle a nié : “Je n’ai jamais dit que je ne voulais pas t’offrir ton appareil photo” ». « C’était comme si elle refusait de reconnaître mes désirs », confie le participant. « Elle me dit souvent : “Fais le deuil de la mère que tu as dans la tête, je ne suis pas cette femme-là” », ajoute une autre participante. « Mais c’est elle qui m’a mise dans cette position ! Elle veut que je renonce à l’image d’une mère aimante, mais c’est elle qui ne m’a jamais donné ça ». Ces mots montrent que la dette maternelle est aussi une dette fantasmatique : on attend de la mère qu’elle comble un manque, mais elle ne peut jamais répondre entièrement à cette attente.
« Cette dette semble impossible à rembourser, comme si on devait constamment prouver notre amour pour compenser un manque », résume un participant. Cette phrase souligne le caractère infinie de la dette maternelle : elle ne concerne pas des actes précis, mais l’être même. « Comment rembourser le fait d’exister ? », semble se demander le groupe. Cette question reste sans réponse, mais elle ouvre une piste de réflexion : et si la dette n’était pas un problème à résoudre, mais une réalité à accepter ? Et si le travail consistait non pas à s’en libérer, mais à la transformer en quelque chose de moins oppressant ?
6. Le père : une présence ou une absence qui compte
Le père apparaît dans les récits comme une figure ambivalente, parfois absente, parfois protectrice, mais toujours influente. « Mon père est un grand absent depuis 17 ans. Sans lui, c’est comme si je n’avais pas de contrepoids. Tout repose sur elle, et c’est étouffant », explique un participant. Cette absence laisse la mère seule détentrice du pouvoir symbolique, ce qui peut rendre la relation maternelle plus envahissante.
À l’inverse, une participante évoque son père comme un refuge : « Mon père me disait : “Pourquoi tu veux l’emmener chez ton oncle si elle ne veut pas ?” Lui, il m’ouvrait les bras quand je revenais. Avec lui, je me sentais en sécurité ». « C’était comme si j’avais un espace à moi, où je pouvais exister hors du désir maternel », précise-t-elle. Ce témoignage montre que le père, quand il est présent, peut offrir un espace de respiration, un lieu où l’enfant peut se construire en dehors de l’emprise maternelle.
Un autre récit vient nuancer cette vision : « Après la mort de mon père, le lien à ma mère est devenu plus compliqué. C’est comme si je perdais aussi une partie de moi ». « À qui appartiens je maintenant ? », semble se demander cette participante. « Le père, qu’il soit présent ou absent, joue un rôle clé dans la relation à la mère », observe un autre participant. « Parfois, il sert de médium, parfois il manque cruellement ». « Dans tous les cas, il influence la façon dont on vit ce lien maternel », conclut-il.
Ces témoignages montrent que le père n’est pas seulement un rival ou un protecteur, mais celui qui permet de trianguler le désir, c’est-à-dire de sortir de la dualité mère-enfant. « Sans lui, on reste prisonnier d’une relation à deux, où tout passe par la mère », explique un participant. « Avec lui, on a un troisième point de référence, qui permet de prendre du recul ». Cette idée suggère que le père, même absent, structure le rapport à la mère, en offrant un point de vue extérieur, une alternative à l’emprise maternelle.
7. La langue maternelle : des mots qui marquent
La langue maternelle est évoquée comme une enveloppe qui façonne l’identité, parfois de manière douloureuse. « Une mère disait à sa fille : “T’es dégueulasse, ton vagin, il est dégueulasse.” Cette phrase a marqué toute sa vie. Elle a grandi en détestant son corps, comme si sa féminité était une honte », raconte une participante. Ce témoignage montre comment les mots de la mère peuvent s’inscrire dans la chair, façonnant l’image que l’enfant a de lui-même.
Une autre participante décrit comment ses filles la mettent à distance : « Elles ne supportent pas mon corps en présence. Au téléphone, ça va, mais quand on est face à face, c’est différent ». « C’est comme si elles devaient se séparer de moi pour devenir des femmes », explique-t-elle. « La langue maternelle, c’est la première langue, celle qui nous enveloppe et nous construit. Mais elle peut aussi nous détruire », résume un participant. « On porte ces mots toute notre vie, comme des tatouages », ajoute-t-il.
Ces récits révèlent que la langue maternelle n’est pas neutre : elle transmet des valeurs, des interdits, des images de soi. « Elle dit qui on est, mais aussi ce qu’on devrait être », observe une participante. « Parfois, on a l’impression qu’on ne pourra jamais s’en libérer ». « Pourtant, c’est en parlant, en mettant des mots sur ces blessures, qu’on peut commencer à s’en détacher », suggère un autre. Cette idée ouvre une piste : la parole comme outil de libération, comme moyen de réécrire les mots de la mère pour en faire une histoire plutôt qu’un destin.
8. La séparation : une coupure vitale
La séparation est souvent vécue comme une nécessité, même si elle est douloureuse. « J’ai coupé le lien pendant dix ans pour sauver ma peau. C’est là que j’ai commencé à vivre, à reprendre des études, à trouver un travail », raconte une participante. « Maintenant, je l’appelle tous les 15 jours, mais c’est moi qui décide », précise-t-elle. Ce témoignage montre que la séparation n’est pas un rejet, mais un acte de survie, une condition pour devenir soi-même.
Un autre récit vient illustrer cette dynamique : « Quand elle est morte, j’ai pleuré en disant “Pardon, je t’aime”, comme si je demandais pardon de m’être séparée ». « C’était comme si je trahissais quelque chose en vivant ma vie », explique-t-elle. « Je ne supportais plus son regard, ses mots. Il fallait un tiers pour nous séparer. Sans ça, je pense que je serais resté prisonnier de cette relation ». « La séparation est souvent un arrachement, mais aussi une condition pour se construire », observe un participant. « On dirait que pour grandir, il faut parfois briser le lien ».
Ces paroles soulignent que la séparation n’est pas un échec, mais un passage obligatoire. « C’est en se séparant qu’on peut enfin se rencontrer », résume une participante. « On ne trahit pas sa mère en vivant sa vie. On lui rend hommage, d’une certaine manière », ajoute un autre. Cette idée suggère que la séparation n’est pas une rupture, mais une transformation du lien : on passe d’une relation de fusion à une relation de reconnaissance mutuelle, où chacun peut exister pour soi-même.
9. La culpabilité comme mécanisme de contrôle
La culpabilité revient comme un leitmotiv dans les récits, comme un mécanisme qui maintient le lien maternel. « Elle me dit : “Tu me dois tout, c’est à ton tour de t’occuper de moi.” Je me sens coupable de ne pas être à la hauteur », partage une participante. « Je culpabilisais de vivre, comme si j’étais condamnée », avoue une autre. « Elle anticipe déjà : “Quand je serai vieille, tu devras t’occuper de moi.” C’est comme si elle me rappelait constamment ma dette ».
« Je me sens coupable de ne pas être la fille qu’elle voulait », confie une autre participante. « Cette culpabilité circule entre les générations, comme une dette impossible à rembourser », observe un participant. « On dirait que les mères transmettent cette culpabilité à leurs enfants, qui la transmettent à leur tour ». « Comme si on ne pouvait jamais en finir avec cette dette », ajoute un autre.
Ces témoignages montrent que la culpabilité n’est pas seulement un sentiment individuel, mais un mécanisme social, qui se transmet de génération en génération. « On nous apprend dès l’enfance qu’on doit tout à sa mère », explique une participante. « Mais à un moment, il faut se demander : est-ce que je vis pour elle, ou est-ce que je vis pour moi ? ». « La culpabilité, c’est ce qui nous empêche de répondre à cette question », conclut un autre. Cette prise de conscience ouvre une voie : la culpabilité n’est pas une fatalité, mais quelque chose qu’on peut interroger, mettre à distance, et peut-être même transformer.
10. Conclusion : la parole comme réécriture
La séance se termine sur une note d’espoir : parler permet de réécrire l’histoire. « En parlant, on passe d’acteur d’un texte écrit à auteur de sa propre histoire », résume un participant. « La synthèse collective permet de dégager une parole de groupe, plus riche que la somme des interventions », ajoute un autre. « La parole fait bouger l’histoire, même si les faits ne changent pas ».
« Le deuil de la mère idéale permet de vivre la relation autrement », observe une participante. « C’est en mettant des mots dessus qu’on peut transformer ce qui pèse en quelque chose de plus vivable », explique un autre. « Continuer à parler, à explorer ces liens complexes, c’est ce qui nous permet d’avancer », conclut une participante.
Ces phrases montrent que la parole n’est pas seulement un outil de compréhension, mais un levier de transformation. En parlant ensemble de ces liens, le groupe crée un espace où la culpabilité peut se dissoudre, où la dette peut devenir un héritage plutôt qu’un fardeau, où la fusion peut se muer en une relation plus libre. « On ne se libère pas de sa mère, mais on peut apprendre à vivre avec elle différemment », résume un participant. « C’est ça, grandir : accepter d’appartenir à sa mère, sans lui appartenir entièrement ».
Prochaine séance : « Le père, ce tiers qui déplace les croyances »
Comment la présence, l’absence ou les paroles du père influencent-elles notre façon de croire en l’appartenance à la mère ?
À partir de notre vécu, de notre histoire, nous explorerons comment le père, qu’il soit présent, absent ou disparu, modifie notre rapport aux croyances maternelles :
- Quand il est présent, il offre un contrepoint (« Mon père m’ouvrait les bras »), une brèche pour douter des certitudes maternelles (« Pourquoi tu veux l’emmener chez ton oncle si elle ne veut pas ? »).
- Quand il est absent, la mère devient la seule loi (« Tout repose sur elle, et c’est étouffant »), et ses attentes se transforment en dogmes incontestables (« Tu me dois tout »).
- Quand il meurt, il révèle son rôle de médium invisible (« Après sa mort, le lien à ma mère est devenu plus compliqué »), forçant à réinventer un tiers pour ne pas retomber dans la dualité mère-enfant.
Détails Pratiques
Dates des rencontres : 20 septembre 2025, 18 octobre 2025, 15 novembre 2025, 17 janvier 2026, 21 février 2026, 21 mars 2026, 18 avril 2026, 16 mai 2026.
Heures : De 16h à 18h (heure française).
Pour lire l'ensemble des travaux
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- Première séance: Autour du croire cliquez ici
- Seconde séance: Croire & Parole cliquez ici
- Troisième séance: Croire & Foi cliquez ici
- Quatrième séance: Croire & corps cliquez ici
- Cinquième séance: Comment croit-on encore qu’on appartient à sa mère à 50 ans ? cliquez ici
Christine Jeudy | Psychanalyste | Besançon