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Comment prendre le mot pour la chose peut faire passer à l’acte

Une discussion du grand réseau bleu qui date du 8 mars 2022

Ce que dis Freud

« L’homme n’est point cet être débonnaire, au cœur assoiffé d’amour, dont on dit qu’il se défend quand on l’attaque, mais un être au contraire qui doit porter au compte de ses données instinctives une bonne somme d’agressivité. Pour lui, par conséquent, le prochain n’est pas seulement un auxiliaire et un objet sexuel possibles, mais aussi un objet de tentation. L’homme est en effet tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer. Homo homini lupus : qui aurait le courage, en face de tous les enseignements de la vie et de l’histoire, de s’inscrire en faux contre cet adage ? En règle générale, cette agressivité cruelle ou bien attend une provocation, ou bien se met au service de quelque dessein dont le but serait tout aussi accessible par des moyens plus doux. Dans certaines circonstances favorables en revanche, quand par exemple les forces morales qui s’opposaient à ces manifestations et jusque-là les inhibaient, ont été mises hors d’action, l’agressivité se manifeste aussi de façon spontanée, démasque sous l’homme la bête sauvage qui perd alors tout égard pour sa propre espèce. » (Freud, "Malaise dans la civilisation)

De la confusion entre le mot et la chose au passage à l’acte violent

Christine Dornier

Ce qu’il dit je le retrouve dans mon inconscient, ces idées de tuer l’autre, détruire, hurler sur mes gosses, asservir les plus faibles… Oui c’est d’actualité, la guerre me fait peur d’autant plus qu’elle fait écho à l’intérieur de ma psyché. Alors quand je la vois pour de vrai, dehors, je ressens du terrible. Terrible parce que vu ce que je suis capable de faire pour de faux en rêve, je terrifiée à l’idée que pour de vrai des êtres humains le vivent, à n’importe quelle endroit dans le monde (en Ukraine ou en Afrique…) . Je sais que mes rêves n’ont pas engendré ce qui se passe en vrai ailleurs dans le monde, hein. Je dis que la structure que je repère chez moi (et d’autres que je lis et écoute) m’amène à faire l’hypothèse que parfois ce qui est dedans sort dehors et inversement. Ce qui conduit à sortir dehors dans un pour de vrai des choses qui trouve leur origine dans l’imaginaire, un pour de faux. Dit autrement je fais l’hypothèse que prendre des mots pour des choses conduit à des passages à l’acte au dehors et ça c’est terrifiant pour moi. Ça n’excuse rien, ça donne des éléments d’explication. En ceci je ne suis pas optimiste sur le genre humain. Alors dans ce tumulte j’ai choisi/tenté de reprendre au moins ma barre, celle de ma psychanalyse. Mon pari est tout petit, en écoutant des Sujets s’accouchant d’eux même, , en étant un nid douillet leur permettant de faire leur chemin d’analyse je me dis que peut être au moins l’un d’eux parviendra à limiter la confusion entre le mot et la chose. Pour la planète, le réchauffement climatique et tout et tout, pareil, tout petit pari, à l’échelle d’un quartier : culture en petites surfaces, pour un jardin de quartier (je sais que nourrir le quartier sur place c’est possible, maintenant nous allons le montré dans un pour de vrai, à quelques uns habitants d’un même quartier)

Marie-Eve Garand

Christine Dornier ce que tu dis est juste et trouve écho… L’agressivité n’est pas à l’extérieur de nous exclusivement ( l’homme est un loup pour l’homme, la nature) pas plus qu’à l’interne ( pulsion sensation du corps, pensées) exclusivement… Le rapport intérieur-extérieur est central a l’histoire du passage à l’acte et la bande de Moebius en offre une certaine représentations avec ces coupures. Mais la ou ce que tu dis m’interpelle le plus c’est sur la question du passage a l’acte. Il y a des gens qui vont prendre le mot pour la chose et choisir de parler et tenter par la parole de civiliser “la bête en soi” et d’autres qui vont carrément passer à l’acte violent ( tuer- frapper) etc… qu’est-ce qui fait effet de limite, voir de détournement de la pulsion agressive et qui en permet sa civilisation… et sur ce point; on peut ne pas être optimiste pour la suite ou s’émerveiller et espérer des personnes qui comme toi et d’autres explore localement les possibles et ouvrent des espace de civilisation qui ne repose pas d’abord sur la contrainte ou le dressage…

Christine Dornier

La lecture de ton post m’a fait penser à cette brève de mon quotidien.

L’autre matin, j’ai demandé à ma fille de se dépêcher pour ne pas louper l’heure de l’école. Il se trouve qu’elle était déjà en train de mettre ses chaussures et elle m’a fait savoir son mécontentement de lui avoir parlé comme je l’ai fait: un ton péremptoire “dépêche toi” J’ai répondu “je te demanderais pas ainsi si je pouvais avoir confiance, genre si tous les matins tu étais à l’heure” J’étais furieuse de la voir encore pas prête à l’heure où nous devions partir, en colère que ma fille ne m’obéisse pas au doigt et à l’œil.

Je suis pas fière hein, mais oui j’ai un truc comme ça que je retrouve de manière récurrente dans mes rêves, mes gosses j’aime l’idée qu’ils obéissent comme s’ils étaient une extension de moi, un bout de moi: un zizi de substitution en somme. Autre indice qui m’a conduite sur cette piste, c’est le nombre de conversation entre mère en train de se comparer ses gosses auxquelles j’ai assisté "le mien ceci, le mien cela…" bon faut dire que mes deux gosses sont les plus beaux et les plus intelligent évidement, c’est bien connu 😇 (lol), genre c’est moi qui ai la plus grosse.

En descendant à l’école, ma fille (5ans) a pris de l’avance avec son vélo, puis elle s’est cachée un peu avant le point où elle m’attend habituellement. Ne pas la voir m’a fait très peur, peur pour sa sécurité, et ça n’a pas arrangée mon humeur. Elle est sortie assez rapidement de sa cachette et j’ai pu la conduire à l’école.

Le midi je lui ai demandé si elle pouvait/voulait bien me raconter ce qui s’était passé pour elle. Elle a dit “ben quand tu m’as demandé de faire un truc, moi j’ai été super en colère parce que j’étais en train de le faire, tu m’as piqué la surprise que je voulais te faire. Alors j’ai voulu vous quitter toi et papa” Lorsqu’elle a dit ça, j’ai pensé à moi petite, comment obéir était douloureux, comme si mes parents me prenait quelque chose, cette sensation que l’autre me volait jusqu’au droit d’être à l’initiative de qui je suis, comme si l’on m’arrachait un bras (castration). Bien sur que l’action des parents est utile et nécessaire, elle garantie la sécurité de l’enfant, elle sert de tuteur pour apprendre les moyens de rester en vie: genre par expérience les adultes peuvent transmettre aux enfants le risque encouru si l’on saute par une fenêtre du troisième étage. L’action des parents se doit de maintenir leur enfant en vie. Le maintenir en vie physiquement, mais également psychiquement. Or permettre à un Sujet de vivre psychiquement c’est ne pas lui voler l’initiative, ni la maitrise de sa pensée: c’est le respecter en tant que sujet. Penser à la place d’un Sujet c’est le tuer en tant que Sujet a part entière, c’est le rendre objet de sa propre pensée. Noté le paradoxe de la fonction de parents : transmettre sans se substituer au Sujet. Aujourd’hui en tant que maman ce qui me guide c’est mes limites. ex je demande à mes enfants de me laisser libre d’être seule ou avec l’Homme qui partage ma couche, alors le soir à partir d’une certaine heure je leur demande de rester dans leur chambre, pas pour eux, pas pour qu’ils dorment, juste parce que c’est ma limite. Ici rien de juste, rien de logique : ici il s’agit de plusieurs Sujets : moi et mes enfants qui composons entre nos désirs respectifs pour vivre ensemble.

Pour reprendre ma brève du quotidien, ma fille a bien le droit de penser qu’elle veut nous quitter. Par contre elle n’a pas le droit de passer à l’acte et de se mettre en danger, ici en quittant pour de vrai la sécurité de notre champs de vision. En discutant, elle a fait émerger la solution suivante: maintenant, lorsqu’elle est très énervée contre quelqu’un, un de ses parents, son frère, et bien elle écrit le nom sur une feuille et elle le barre/le gribouille/le gomme: comme . Elle gomme pour de faux, mon prénom en métaphore de moi même . Elle a même joué à mettre les prénoms en lettres, puis à mettre des cœurs à la place d’une grosse croix sensé détruire/lui permettre de quitter la personne qui l’agace. Elle a joué entre je t’aime/je te haie.

Parfois dans notre quotidien lorsque je lui demande de mettre ses chaussettes et que je vois à sa bouille qu’elle est fâchée je fais mine de courir après une feuille et un crayon, pour qu’elle puisse écrire et barrer mon nom: elle se met à rire et je m’excuse de lui avoir demandé Trop tôt de mettre ses chaussettes. Parce que pour de vrai elle était en train de le faire (même si ça ne me suffit pas, je n’ai pas à lui faire porter la chose pour de vrai)

Tout ça pour dire qu’ici, en écho à ce que j’ai vu de ma fille, ça me fais penser à moi petite :

  • d’abord dans comment mon désir de ne pas être un morceau de ma mère, d’être un sujet à part entière m’a poussé à sortir de son ventre, à me coupé d’elle
  • Ensuite j’ai compris que pour de faux (dans son imaginaire ) je pouvait désirer quitter/gommer/tuer mes parents, sans que pour de vrai je passe à l’acte de les quitter/tuer vraiment.

Les rires c’est la tensions qui lâche : j’ai le droit de vouloir la mort d’un de mes parents et de le désirer en même temps.

Je complète ici avec la notion de sentiment: moi enfant j’ai aimé/haïe et j’ai été aimé/haïe par mes parents. C’est en effet les sentiments qui ont permis la découpe de mes représentations, et ce sont encore eux qui leurs donnent de la valeur : je me souviens de ce qui me troue/me marque.

Pour conclure, tout comme ma fille joue entre je t’aime/je te haïe, moi aussi je suis faîte de ce bois là, je retrouve dans mes rêves des représentations d’une extrême violence à son égard : finalement ma manière de lui demander de mettre ses chaussettes est extrêmement polie. Ça se dit peut cette chose, pas très politiquement correct, surtout venant d’une mère. Pourtant je porte cette idée en moi. J’ai eu des difficulté à en parler, trop honte de porter cette idée dégueulasse. Il m’a fallu un paquet d’analyses de rêve et l’oreille bienveillante, non moralisatrice de mon analyste pour finalement comprendre que ce n’était qu’une idée, et que justement la représentation n’est pas la chose qu’elle représente. Dit autrement ce n’est pas parce que j’ai l’idée que je vais passer à l’acte pour de vrai. Et ce qui est interdit c’est le passage à l’acte pour de vrai en vie de veille. Passage à l’acte qu’il soit dans l’amour : relation sexuelle ou qu’il soit dans la haine : violence physique et psychique. Finalement haine et amour sont les deux faces en local d’une même bande de Moebius, qui d’un point de vue globale est une bonne représentation de ce qu’est la psyché d’un Sujet.

Chez moi, le fait de comprendre que le mot n’est pas la chose ça me permet de ne pas passer à l’acte avec mes enfants. Tout comme ma fille qui depuis qu’elle écrit et barre nos noms quand elle est énervé contre nous, ne part plus se cacher pour de vrai.

Ton poste m’a emmené dans plusieurs associations merci

J’ajoute que ce qui fait la différence pour moi, la différence qui permet à un Sujet de ne pas confondre le mot et la chose, où autrement dit à produire du Sujet ça se joue aussi sur la qualité des oreilles qui écoutent. La qualité de l’écoute du Sujet qui parle, se joue sur la capacité du Sujet qui écoute, à écouter le Sujet qui parle et non ses propres représentations (y a connaitre son inconscient pour écouter un autre 😅)

8 mars 2022

De la confusion entre le mot et la chose au passage à l’acte de parler du Sujet comme un objet

Carré-psy partage :

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Pour ma part je voudrais attirer l’attention et revenir sur :" Par le climat incestuel qu’il établit, le parent incestuel tente de lutter contre la difficulté à faire face à des angoisses de perte. Au sein d’une dynamique familiale en huis clos, il peut contribuer à éviter la séparation des sujets (parents-enfants), des générations, à entretenir pour le parent un fantasme de prolongement de soi (forme d’auto-engendrement) en mettant le psychisme et le corps de l’enfant à son service"…“L’incestuel constitue une figure d’anti œdipe car la séduction sexuelle par le parent est mise au service d’une séduction narcissique qui vise à empêcher l’autonomisation psychique de l’enfant et à attendre de lui qu’il réponde à ses seuls manques.”…“On décrit aussi des parents incestueux despotiques (parfois uniquement en situation intrafamiliale) qui vont user de manipulations, de menaces ou avoir recours à la violence pour imposer des actes incestueux (par exemple un père qui considérerait qu’il a des droits sur sa fille dont il pourrait profiter comme il l’entend). Ces formes d’autoritarisme peuvent être compatibles avec des manques (l’« impuissance » du sujet étant retournée en toute-puissance à l’égard de la victime).Si les pertes et les situations aversives (deuil des parents, décès d’un enfant, « crise » conjugale, rupture, chômage ou accident grave) peuvent favoriser la survenue ou le maintien et la réitération de passages à l’acte incestueux, ils n’en sont pas la cause. L’alcool peut aussi favoriser des actes par la désinhibition qu’il permet, mais aussi le fait d’aider à supporter la culpabilité ou les remords du parent incestueux. C’est un cercle vicieux qui se met en place.”

S.

Christine Dornier:

Ton post m’a conduit à repenser aux lignes que j’ai écrites plus haut et à continuer mon cheminement de pensée. Alors merci pour ta proposition.

Inceste: différence en idée et passage à l’acte

L’invention de la notion de climat incestuel est pour moi issue d’une confusion entre l’idée et la chose/entre l’imaginaire et la réalité. Je m’explique.

L’idée d’inceste est présente dans mes rêves, j’en suis porteuse, comme beaucoup de ceux que j’écoute et ceux que j’ai lu parlant de leurs rêves et analyses. Le jour où j’ai trouvé du désir sexuel aussi pour mes enfants, j’ai eu une odeur/goût de merde dans la bouche à mon réveil: "comment, comment moi je peux prendre du plaisir en rêve avec mes gosses? " Il m’a fallu toute la bienveillance de mon psychanalyste pour en parler, c’est la garantie de son écoute sans jugement qui m’a permis de parler.

Oui en parler en public c’est venu bien après, parce que sur le moment j’étais morte de honte (pas pour de vrai hein, c’est une expression), genre je l’ai pas regardé en en parlant. J’ai continué de parler de cette idée que je porte, j’ai fini par comprendre que je ne suis pas cette idée dégueulasse, autrement dit je ne suis pas dégueulasse/une merde. Et surtout ce n’est pas parce que j’ai cette idée que je vais passer à l’acte, au contraire: en prendre conscience vient mettre un vide, un espace entre l’idée/imaginaire et la chose/le passage à l’acte. Ma prise de conscience m’a permis de m’appaiser lorque mes enfants ne m’obéhissent pas au doigt et à l’oeil: je leur braille beaucoup moins dessus, j’assure encore mieux mon non passage à l’acte. En tant qu’adulte je suis la garante du non passage à l’acte entre eux et moi. Et à la fois j’ai mes failles: des fois l’inconscient pousse fort et je braille quand même. Je n’en suis vraiment pas fière mais bon.

Ce travail de recherche dans mon inconscient m’a mis sur des pistes de passage à l’acte incestuel en réalité de vie de veille. J’ai pu voir comment moi, censé être la meilleur mère du monde pour mes enfants, je pouvais parfois passer à l’acte avec eux.

Le meilleur exemple: “mets ton blouson tu as froid” Je n’ai pas besoin d’être consolée ni rassurée sur le fait que “non ce n’est pas grave” : si pour moi c’est grave, c’est grave parce que moi quand on pense à ma place ça m’agresse. Je ne suis pas dans le corps de ma fille, pourquoi lui dire dans cette formulation péremptoire “tu as froid” et bien parce que je m’estimais sachant pour elle. Etre sachant pour elle s’est la penser comme un morceau de moi, c’est dans la réalité faire comme si mon imaginaire/fantasme était la réalité: d’où ma qualification de passage à l’acte incestuel dans cet exemple. La formulation suivante est plus douce à mes oreilles “j’ai froid dehors, alors je prend ton blouson avec moi, au cas ou”

Je fais l’hypothèse que la confusion entre l’idée et la chose/entre l’imaginaire et la réalité qui a conduit à l’invention du mot climat incestuel, s’est mise au service du c’est pas moi c’est l’autre: “je ne peux porter une telle idée en moi” ou encore “je ne peux pas supporter voir chez les autres ce que je porte moi même en moi” Oui admettre qu’un adulte puisse désirer un enfant, son enfant ben ça laisse un goût de merde dans la bouche, je peux en témoigner. La société est composé d’être humain, et je fais l’hypothèse que tout comme moi ils ont eux aussi un peu de mal avec cette idée: ça se dit pas.

Ca se dit pas mais ça passe à l’acte. Alors quand l’acte est le rapport sexuel en tant que tel et que ça se dit: là c’est plus possible de pas voir. Enfin pendant des années même ce type de passage à l’acte les gens voulaient pas le voir. Combien d’enfants ont parlé à un adulte des rapports sexuels que des adultes leurs faisaient subir ont ils entendu cette phrase : “Tais toi tu mens.” Ou pire encore “c’est pas vrai va demander pardon” Là c’est un meurtre: un meurtre du Sujet.

Les derniers mouvements #meetoo #balancetonporc viennent témoigner de ces passages à l’actes sexuels et la société commence à les prendre en compte, la justice se positionne, enfin.

J’espère que ce mouvement ne s’accompagnera pas d’une chasse aux sorcières qui empêcherait ceux à qui l’idée d’inceste remonte au conscient de pouvoir en parler. Oui parce que s’ils ont peur de parler, ils ne pourront pas accéder à la compréhension du “c’est pas parce que je le pense que je passe à l’acte.”

Un voile de théorie sur la différence entre idée et passage à l’acte

“La notion d’incestuel définie par Paul Claude Racamier désigne un climat psychique et de relations interpersonnelles intrafamiliales proches de l’inceste (mais a priori sans relation sexuelle véritable).” Proche de l’inceste? c’est à dire ? Parle de t’on ici de passage à l’acte incestuel (j’avais écrit intellectuel alors je le laisse) ou de l’idée d’inceste?

Il s’agit de déterminer si il y a passage à l’acte, ou pas: l’idée d’inceste n’est pas le passage à l’acte. Comme je l’écris plus je fais l’hypothèse que lorsqu’il y a acte sexuel en tant que tel ça rend plus difficile le refoulement général: plus possible de ne pas voir.

Lorsque je vous écris je parle d’idée d’inceste et de passage à l’acte d’inceste. La tournure est bien loin de ce que la langue française voudrait que j’écrive: idée incestuel et passage à l’acte incestuel conviendrait beaucoup mieux. Mais qu’est ce qui me retient me direz vous? Et bien la dites théories justement, parce qu’il est de bon ton de différentier l’inceste d’un climat insetuel, l’inceste de l’incestuel… Choisir tel ou tel mot peu faire l’objet de querelles de chapelles sans nom. Ce qui compte devient la querelle, alors que moi je dis c’est pas le nom qui importe, c’est le passage à l’acte ou pas, c’est la différence entre l’idée et l’acte qui compte. Ici la théorie focale sur un nom vient brouiller les pistes, mettre un voile sur la différence entre l’idée et le passage à l’acte.

Un passage à l’acte qui n’est pas une théorie

A priori certains ont élaboré un outils d’évaluations du climat d’une famille. Sur quelle base? je veux dire, comment quantifier ce qui est du passage à l’acte ou pas. Par exemple moi je vis ce que j’ai dis à ma fille comme un passage à l’acte. Elle je ne sais pas quelle représentation elle s’est faite de mon intervention, c’est elle qui un jour peut être en parlera. Je peux juste dire comment moi petite, je me sentais me décomposer quand quelqu’un me disait une telle phrase, comme une pénétration sans mon accord dans mon esprit. C’est le Sujet qui sait pour lui, alors quelle fondement une grille objective ? elle ne vient pas au service du Sujet, au contraire elle le tue, elle le rend objet du discours d’un autre. Comme la voix d’un parent (celui qui sait) elle vient dire ce qu’est l’autre, elle dit du Sujet parent qu’il est “immature” ou tout autre étiquette: tout comme moi j’ai dit à ma fille “tu as froid”

C’est à cet endroit que je dis: la théorie mène parfois au passage à l’acte, elle confond le mot et la chose. La psychanalyse est une discipline qui vient soutenir le Sujet dans un accouchement de lui même. Le chemin de sa propre psychanalyse explore les origines et produits de la représentation: y compris les représentations dégueulasses, glauques qui sont bien refoulées au creux de son inconscient.

Le Sujet en produisant de la représentation de lui, du monde qui l’entoure, produits du Sujet : il définit ses contours, ses formes il s’accouche de lui même. Pour le Sujet, émerge alors qu’il n’est pas l’idée qu’il porte: ce n’est pas parce qu’il porte une idée merdique genre désirer sexuellement ses parents que lui même est une merde.

Donc quand la théorie psychanalytique vient dire à un Sujet qui il est pour moi c’est une vraie erreur, c’est grave à côté de la plaque.


Quand on m’arrache un arbre, on m’arrache quoi ?
Un dialogue entre la réalité et l'inconscient