Une histoire de prise de conscience des volumes appliquée à l'eau.
Vous avez-dit sécheresse?

Brève de mon quotidien au Tiers-Lieu

Depuis une semaine j’ai installé une bassine sur l’évier du Tiers-Lieu. Chaque eau de rinçage de main, de verre, de tout ce qui est rincé sans savon tombe dedans. Résultat je peux dire aujourd’hui; en trois jours ça donne 22L d’eau à l’origine potable qui devient réemployable pour l’arrosage du potager: deux de mes arrosoirs.

Oui, oui, je sais… y a les chasses d’eau et tout et tout… là mon témoignage c’est juste de dire: punaise moi ça m’a scotché : 22L d’eau en 3 jours… à mon échelle j’ai déjà des choses à réfléchir et à mettre en place.

Mais finalement pourquoi ça me touche cette affaire d’eau?

Pourquoi mon intérêt pour l’eau? ben parce que c’est d’actualité, tout le monde en parle. C’est le manque d’eau qui attire mon attention sur elle. Une fois n’est pas coutume je vous partage mon dernier article sur la question du manque. Ce truc du manque / de la perte, chez moi ça marche dans moult champs de ma vie quotidienne: argent, mec, enfant, ami… C’est un mécanisme que je trouve de manière récurrente dans l’analyse de mes rêves.

Alors j’espère que cet hiver, je n’oublierai pas. J’espère que ma peur de manquer ne viendra pas faire cet effet que je lui connais si souvent, effet “de je ne veux pas voir”. L’effet je regarde ailleurs, là où je ne vois plus mon manque, là ou mon angoisse / ma peur s’estompe.
Lorsque je confond mon imaginaire (la peur de manquer) et la réalité (pour de vrai il y a un manque d’eau) ça donne des trucs chelous, je perds le sens: de ma vie, des priorités, de mes aspirations. La question du vivant, outre le design en permaculture, vient toucher L’humain en tant que faisant partie du vivant.
Le mot varie en fonction du champs depuis lequel je parle, côté permacole design humain, côté psychanalyse j’utiliserai plutôt l’émergence du Sujet. Des mots bien que différent qui traite pour moi d’une chose semblable: du chemin pour savoir où l’on est, qui l’on est, d’où l’on vient, ce à quoi l’on aspire, comment l’on s’inscrit dans le biotope auquel nous appartenons…

Des êtres humains déjà dans l’aventure

Je profite de ce texte pour remercier celles et ceux, qui depuis des années travaillent à la mise en place de paysage régénératif. Leur travail permet aujourd’hui d’avoir des données, des choses à regarder :

  • sur la gestion de l’eau à échelle plus grande qu’un Tiers-Lieu, une maison…
  • en termes d’observations de l’évolution de la biodiversité sur les sites qui ont été bichonnés en comprenant les cycles de l’eau
  • sur comment croient un arbre sur sol vivant
  • sur la production maraîchère en petite surface

Non ce ne sont pas des doux rêveurs, et moi non plus. Là je vous parle de gens pragmatiques qui sont il y a 5, 10, 15, 20, 25 … ans sorties dehors planter des arbres. C’est con hein, mais pour avoir du recul sur la mise en place d’une forêt comestible, faut attendre que les arbres poussent. Et ça ben c’est un temps incompressible. Quand bien même les conditions d’un paysage régénératif va favoriser la croissance du vivant: un arbre ne pousse pas en 5 minutes .

Pour mieux comprendre de quoi je parle:

Ces hommes, ces femmes ont récoltés des connaissances:

  • sur les cycles de l’eau. Voici une papote qui devrait caracoler au box office (merci à l’atelier des Alvéoles pour le partage). Et pour ceux qui souhaite lire des données plus froides et évidement sourcées je vous invite à lire ce recueil de Jean-Luc Galabert: “Comprendre les cycles hydrologiques et cultiver l’eau” disponible en téléchargement en cliquant ici ou encore ici
  • sur les paysages comestibles
    en lien avec un design qui répond à la question hydrique, comme avec les keylines et la mise en place de baissières sur le territoire.
  • sur les végétaux, la synergie entre végétaux, la vie des sols, le système mycorhizien, la thermodynamique… Internet regorge de contenue et de nombreux acteurs forment une kyrielle de gens, qui à leur tour transmettent. Ces gens qui ont planté, regardé, observé le vivant, ils transmettent ce qu’ils ont compris du vivant, ils rendent le code source disponible à d’autres. Et ils témoignent de comment la nature est complexe, de comment ils n’en ont encore pas fait le tour et de comment pour peut qu’on prenne la question dans le bon sens: la vie reste ou reprend.

Ce tour d’horizon des connaissances disponibles est loin d’être exhaustif. Et pour ma part elles me donnent envie d’aller rencontrer pour de vrai ces gens qui ont régulièrement les mains dans la terre. Mon pari: à leur contact, comme le mycélium, échanger avec eux des connaissances. Ici pas de perte pas de manque: chacun repars avec plus (et ça mon inconscient il surkiffe)

Aujourd’hui je pense qu’il est temps pour la préoccupations de l’eau de passer la frontière de la saison où elle manque.
Un sol maigre, pauvre est beaucoup plus long à relancer qu’un sol où la vie est encore présente. Or plus il y a de vie plus il y a d’eau, plus il y a la vie. Il n’est pas trop tard, il est juste temps que moi, toi nous allions regarder dehors et planter des arbres. Les arbres sont une clé d’importance dans les cycles de l’eau.

J’ai pris conscience de la nécessité que chaque être humain œuvre depuis là où il se trouve: chez lui, dans un champs, dans une collectivité territoriale, dans une entreprise, au niveau de l’état…
Permaculture, design du paysage… ces thématiques sont à soutenir à déployer.

L’argent ça se mange pas! Il est temps de prendre des décisions à l’échelle du territoire pour agir au tout début du grand cycle de l’eau : en prenant soin du devenir immédiat des gouttes de pluies
L’aménagement des territoires dans une gestion de récupération des eaux, aménagement éprouvé depuis des années, doit pouvoir se mettre en place. Entre les compétences acquises par nombre d’acteurs de terrain: je pense aux ateliers des Alvéoles, la ferme de Cagnole, les Jardins des Potes en Ciel… et tellement d’autres et les capacités technique de notre époque je suis confiante.

Petite précision: je cherche à convaincre personne, je parle de moi, de mon expérience de moi et de là où j’en suis.
Je continue mon pas de côté à l’échelle de mon paysage: mon quartier. Je partage moi aussi ce que je découvre sur le vivant, pour ceux qui

Mon jardin de quartier:

Voici mon pas de côté, ma contribution à la régénération des sols:

  • des tomates de trottoirs

    Ce que je trouve rigolo au 97 de la rue battant c’est ce que les tomates de trottoirs font comme travail de lien entre être humain: Avec des costards, des gens beurrées, des anciens, des jeunes… ça s’arrête et ça parle.
    L’autre jour quelqu’un a taillée les feuilles du bas des tomates. J’ai d’abord éprouvé un sentiment d’agression à la vue de la taille: “quel est le con qui a taillé MES tomates” Puis très rapidement je me suis dit " mais en fait avec cette taille c’est comme si c’est devenu les tomates du quartier, la personne qui a taillé l’a fait proprement. ça doit être sa technique à elle.“” Alors à l’usage je me suis dis que j’allais mettre un panneau du style “si l’envie vous prend de prendre soin des tomates de trottoirs et de partager votre savoir, venez un café vous attend. Entrez pour papoter”
  • le jardin du Ravelin: Ce jardin est composé de plusieurs espaces différents: préparation du terrain en vue de maraichage, et zone de plantation.

    zone d’accès à l’être humain, plus taillé que la zone sauvage du centre.

    Et enfin trois zones ombragées, chacune munie d’un superbe duo arbre / lierre: amenant une quantité d’eau non négligeable sur le jardin.

A venir:

J’ai le projet d’une formation sur le site du Ravelin et/ou dans une maison du Haut-Doubs, pour permettre à ceux qui veulent en savoir plus, mettre la main à la pâte, de toucher du doigts encore autrement les paysages régénératifs.

Merci de ta lecture et à bientôt. Passe nous voir au Tiers-lieu “le 97”

Christine Dornier | facilitatrice

Cultiver l'eau
On commence quand?