Les organisations humaines
un dialogue entre individuel et collectif

Là où l’organisation humaine commence, ressortent moult fonctionnement psychique des Sujets qui la composent. Le fonctionnement de refoulement, de déni, de c’est pas moi c’est l’autre : bref celui qui sert le "je ne veux pas voir en moi une telle chose/idée/désir se fait la part belle dans des protocoles censés réguler les échanges entre être humain.
Soyons bien clair je dis pas que tout protocole est pourri, non. Il ne s’agit pas de morale. J’analyse juste le pourquoi ils sont mis en place.
Pour continuer ma réflexion, je pense que faire groupe sert aussi les mécanismes psychiques des Sujets : être validé par un autre à qui j’attribue le pouvoir de me valider dans une expertise. Lorsque je deviens assistante sociale, j’exerce trois ans en alternance le métier, je suis étudiante. A l’instant où le jury statut sur mon dossier, mettant un oui à mon entrée dans le métier d’assistante sociale, au moment où je lis le résultat, je deviens assistante sociale. Il s’agit ici de l’effet performatif du langage: techniquement je n’ai pas changé en une seconde, je suis encore celle qui a trois ans d’alternance en travail social, et pourtant me voici devenu assistante sociale.
Cette fonction de validation par des pairs à me donner la légitimité à exercer, c’est un autre qui décide pour moi. Dans des formations comme médecine je trouve super rassurant qu’il y ai cette validation. Je confirme la nécessité de telles pratiques pour tenir en société.

La psychanalyse par contre, là je tique. Oui la psychanalyse est la discipline qui parle de la naissance du Sujet: autrement dit la discipline ou le Sujet s’autorise d’être lui même par lui même. En ça je confirme l’idée de Freud “on confie l’analyse du rêve au rêveur” Exercer la fonction de psychanalyste, c’est justement écouter avec ce préalable : écouter le Sujet.
Quoi de plus apprenant que d’avoir suivi le chemin de s’autoriser soit même pour écouter un autre Sujet qui emprunte lui aussi un chemin vers l’accouchement de soi même ? Rien: rien n’est plus apprenant. Alors l’attribution du titre de psychanalyste par un autre ça ne me parle pas. Au contraire.

La question de la déontologie ? Je la vois dans le partage de son travail de recherche part chaque psychanalyste, ainsi, à plusieurs Sujets il devient possible de regarder quelles éléments communs se dégagent : voici l’origine d’une psychanalyse des Sujets et non des livres. Les livres font souvent des écoles, des religions, des dogmes. Oh ce n’est pas une question de faute des livres hein, ce n’est d’ailleurs pas une question de morale. Pour moi ce phénomène s’explique par l’effet performatif du langage : ce n’est pas parce que c’est écrit que c’est la réalité/ce n’est pas parce que je dis quelque chose que ça va se passer, sinon ça serait de la magie. Ce n’est pas parce que Lacan ou Freud ont dit que c’est vrai… Le Sujet doit à mon sens retourner dans son laboratoire pour regarder si ça correspond/ou pas. Voilà que je devient péremptoire : le Sujet doit ? En disant ça moi aussi je tue le Sujet qui tend à s’accoucher de lui même : c’est moi qui dit ce qu’il devrait être. Pas fière de ça la meuf, et pourtant je suis porteuse de cette contradiction.

Au plaisir d’en échanger avec vous. Vous en pensez quoi vous ? C’est quoi votre pratique de vous ? La bonne bise 😘

Christine Dornier | Psychanalyste | Besançon

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