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Neuvecelle 2026 : Quand la démocratie locale se réinvente

Ce n’est pas une fiction, mais une réalité en cours.

En ce printemps 2026, à Neuvecelle , petite commune de Haute-Savoie située au bord du lac Léman, une expérience démocratique inédite est en train de s’écrire. Trois candidats aux élections municipales – Jean Granjux, Sandrine Roch et Anthony Gavet – ont décidé de rompre avec les habitudes politiques traditionnelles. Leur objectif ? Redonner le pouvoir aux citoyens, non pas par de vagues promesses, mais par des mécanismes concrets inspirés de la démocratie participative suisse.

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Les élections auront lieu les 15 et 22 mars, et déjà, leur approche fait souffler un vent nouveau sur ce qu’on imagine d’une municipalité.

1. Un contexte qui appelle au changement

À Neuvecelle, comme dans beaucoup de communes françaises, les habitants se sentent de plus en plus éloignés des décisions qui les concernent. Les impôts locaux ont augmenté de 45 % en cinq ans (contre 14 % pour l’inflation), les emprunts bancaires étouffent le budget communal (10,5 millions d’euros de dette, générant 5,5 millions d’euros d’intérêts), et la défiance envers les élus est palpable. “On vote tous les six ans, et après, on ne nous écoute plus”, résume un habitant.

Face à ce constat, la liste “ Neuvecelle Alternative” propose une autre voie : une démocratie locale plus directe, plus transparente, plus collaborative“On ne promet pas de tout régler en un mandat, explique Jean Granjux, ingénieur urbaniste à la retraite et tête de liste. On promet simplement d’essayer une autre façon de faire de la politique – une façon où les citoyens ne sont plus des spectateurs, mais des acteurs.”

2. Une gouvernance collégiale : fin du maire tout-puissant

L’une des innovations majeures de leur projet ? Un exécutif tournant et collégial. Fini le maire qui concentre tous les pouvoirs. À la place, un groupe de douze conseillers, renouvelés progressivement, prendra les décisions de manière collective.

  • Pourquoi ? Pour éviter les abus de pouvoir, favoriser l’émergence de nouvelles voix, et créer une dynamique de transmission entre élus expérimentés et nouveaux venus.
  • Comment ? En instaurant une charte de fonctionnement qui encadre les prises de décision et impose des majorités qualifiées pour les choix importants. “Si on a 18 élus sur 23, une décision devra être approuvée par les deux tiers d’entre nous”, précise Jean Granjux. Une façon d’éviter les passages en force et de garantir que chaque voix compte.

“On ne veut plus d’un maire qui décide seul, insiste Anthony Gavet, conseiller municipal sortant. On veut un conseil municipal qui écoute, qui anime, qui fait remonter les idées plutôt que de les imposer.”

Résultat : Lors des portes-à-porte, les réactions sont surprenantes. Des habitants, désabusés depuis des années, commencent à se réintéresser à la vie de leur village. “Essayez-nous”, leur disent les candidats. Et les Neuvecellois, peu à peu, se mettent à y croire.

3. Le budget participatif : 80 % des crédits d’investissement décidés par les citoyens

Le projet le plus audacieux de la liste concerne le budget communal. 80 % des crédits d’investissement – soit 3,5 millions d’euros – seront décidés par les habitants eux-mêmes, selon une méthode en trois étapes :

  1. Un questionnaire envoyé à tous les Neuvecellois de plus de 15 ans pour connaître leurs priorités.
  2. Des commissions citoyennes, ouvertes à tous, où experts et élus travailleront ensemble pour affiner les projets.
  3. Un vote final pour valider le Programme d’Investissement Communal (PIC).

“Votre argent, vos choix”, résume Sandrine Roch, économiste statisticienne. “Qui mieux que les habitants sait ce dont leur commune a vraiment besoin ? Une école rénovée ? Des pistes cyclables ? Un soutien aux agriculteurs locaux ? À eux de trancher.”

Engagement clé : Les impôts n’augmenteront pas plus que l’inflation. “On veut en finir avec les emprunts bancaires qui nous étouffent, insiste Jean Granjux. Cet argent, c’est le vôtre. Utilisons-le pour des projets utiles, pas pour rembourser des dettes.”

Pour garantir la légitimité des décisions, les commissions seront animées par des élus, mais aussi par des experts indépendants.

4. Inspiration suisse, adaptation française

Juste de l’autre côté du lac Léman, en Suisse, les citoyens votent régulièrement sur les grands sujets. Pourquoi pas à Neuvecelle ? La liste propose d’introduire des sondages et des votes secrets pour que chacun puisse s’exprimer librement.

“On ne copiera pas le modèle suisse, précise Jean Granjux, mais on s’en inspirera pour adapter la démocratie à notre réalité.”

Concrètement, cela signifie :

  • Des outils numériques pour faciliter la participation (questionnaires en ligne, plateforme de débat).
  • Des réunions publiques régulières pour rendre compte de l’avancée des projets.
  • Un rapport annuel transparent sur l’utilisation des fonds publics.

“On ne vous demande pas de faire confiance les yeux fermés, dit Sandrine Roch. On vous demande de vérifier par vous-mêmes.”

5. Le parrainage présidentiel : un débat ouvert aux citoyens

Un sujet a particulièrement marqué les esprits : celui du parrainage pour l’élection présidentielle de 2027. En 2022, plus de 7 maires sur 10 avaient refusé de parrainer un candidat, laissant le champ libre aux mêmes têtes.

“Et si on faisait différemment ?” a proposé un habitant lors d’une réunion publique.

La liste n’a pas de réponse toute faite, mais une certitude : rien ne se décidera sans les citoyens“Si on doit parrainer quelqu’un, ce sera après en avoir discuté avec vous”, promet Jean Granjux.

Une idée émerge : et si Neuvecelle  soutenait une candidature transpartisane, dont l’unique objectif serait de réformer les institutions pour moins de présidentialisme et plus de démocratie ? “Ce serait un signal fort”, suggère Anthony Gavet.

6. Une aventure humaine et collective

Ce qui frappe le plus dans cette campagne, ce n’est pas seulement le projet, mais l’énergie qui s’en dégage“C’est une super aventure humaine”, sourit Anthony Gavet. “On voit des gens qui se réengagent, qui viennent nous voir en disant : ‘Enfin, on nous écoute !’.”

Bien sûr, tout n’est pas simple. Il faudra :

  • Convaincre les plus réticents, ceux qui ne croient plus en la politique.
  • Trouver des financements pour les projets sans alourdir la dette.
  • Gérer les désaccords, inévitables dans une démocratie vivante.

Mais les candidats sont déterminés. “On ne dit pas que ce sera facile, reconnaît Jean Granjux. On dit juste que ce sera plus juste.”

7. Neuvecelle  2026 : un laboratoire démocratique à suivre

Les élections auront lieu les 15 et 22 mars 2026. Personne ne sait encore si “ Neuvecelle Alternative” l’emportera, mais une chose est sûre : un souffle de concertation citoyenne et d’intelligence collective est en mouvement.

  • Certains habitants restent sceptiques : “On verra bien si vous tenez vos promesses.”
  • D’autres s’engagent déjà : “Si vous gagnez, je veux faire partie des commissions !”
  • Tous reconnaissent une chose : pour la première fois depuis longtemps, on leur parle autrement.

Et si cette expérience inspirait d’autres communes ?

“La politique, ce n’est pas une affaire de spécialistes, rappelle Jean Granjux. C’est l’affaire de tous. Alors, on tente ?”

Épilogue : une leçon de démocratie en action

Neuvecelle une commune de 3500 habitants, son expérience montre une chose essentielle : la démocratie ne se décrète pas, elle se vit. Elle se construit pas à pas, avec des essais, des ajustements, des succès. Elle demande du temps, de la patience, de l’écoute.

En 2026, une poignée de candidats et d’habitants ont décidé de s’y remettre. Pas pour changer le monde en un jour, mais pour prouver que la politique peut encore avoir un sens – et que les citoyens peuvent en être les premiers acteurs.

Affaire à suivre… Les résultats des élections diront si ce pari audacieux séduit les Neuvecellois. Une chose est certaine : l’expérience est déjà lancée

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