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Analyse du post de Monsieur Croizier sur la RN 57 12 mars 2026 :

décryptage des procédés linguistiques

Préambule – 12 mars 2026

Ce matin, en découvrant le post de Monsieur Laurent Croizier sur la RN 57, une frustration sourde m’a saisie. Pas parce que je suis pour ou contre le projet, mais parce que ses mots ont touché en moi quelque chose de profond : une résistance, comme un réflexe face à une porte qui se ferme au lieu de s’ouvrir.

Plutôt que de laisser cette émotion me traverser sans réponse, j’ai choisi de m’arrêter, de l’écouter. J’ai relu son texte, pour comprendre ce qui, dans sa façon de s’exprimer, avait réveillé en moi ce malaise. Qu’est-ce qui, dans son discours, m’a mise en tension ? Pourquoi cette impression d’être face à un mur, plutôt qu’à une invitation à échanger ?

Ce qui m’importe ici, c’est d’abord me comprendre moi-même : qu’est-ce qui, dans ces mots, m’a tendue à ce point ? En prenant le temps de démêler cette tension, je me rends compte qu’elle n’est pas qu’une réaction, elle peut devenir un levier. Un levier pour agir sur les postures qui, selon moi, verrouillent trop souvent la démocratie.

Ces mots, ces discours, ce ne sont que des mots. Mais derrière eux, il y a des façons de faire, des habitudes, des reflexes qui peuvent exclure au lieu d’inclure. En les nommant, en les analysant, je me détends , parce que je passe de la réaction à l’action, même modeste à mon propre niveau.

Et si, en partageant ce cheminement, d’autres reconnaissaient ce que ces mêmes mots ou postures font résonner en eux ? Pas pour qu’on soit tous d’accord, mais pour qu’on puisse en parler, chacun depuis notre place. Parce que c’est souvent dans ces partages d’expériences brutes, sans filtre, sans attente de solution, que quelque chose commence à se dénouer. 

Alors oui, ce texte est une invitation :

  • À m’écouter moi-même pour mieux agir.
  • À laisser aux autres la possibilité de s’écouter aussi, s’ils le souhaitent.
  • À constater, ensemble, comment certains discours ou postures nous affectent  et comment, peut-être, on peut en sortir autrement.

En période électorale, comment le langage structure le débat : analyse des procédés rhétoriques autour de la RN 57

Le post écrit par Monsieur Croizier

#RN57 #GrandBesançon

𝗝𝗲 𝗻𝗲 𝗹𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿𝗮𝗶 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗿𝗲𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗰𝗮𝘂𝘀𝗲 𝗹’𝗮𝗺𝗲́𝗻𝗮𝗴𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗼𝘂𝘁𝗶𝗲𝗿 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗠𝗶𝗰𝗿𝗼𝗽𝗼𝗹𝗶𝘀 𝗲𝘁 𝗕𝗲𝘂𝗿𝗲

J’ai défendu le projet d’aménagement de la RN 57 entre Micropolis et Beure contre l’opposition des écologistes et de Madame Vignot. Il est désormais acté, et se réalisera.

Tout le monde ne vit pas au centre-ville de Besançon.
Tout le monde n’a pas un arrêt de tram dans sa rue.
Tout le monde ne peut pas circuler à vélo.

Je refuse le mépris des écologistes envers les habitants qui n’ont pas d’autre choix que de prendre la voiture pour simplement aller travailler, déposer les enfants ou faire les courses.

Refuser cet aménagement routier, ce n’est pas défendre l’écologie, c’est condamner des milliers de familles à subir les embouteillages, la pollution et l’insécurité routière.

L’arrêté interdisant les poids lourds en transit sur la RN 83, que j’ai porté politiquement, est complémentaire à l’aménagement de la RN 57. Il poursuit le même objectif : améliorer durablement les conditions de circulation, la qualité de vie des habitants, l’attractivité, le développement économique de Besançon et du Grand Besançon.

L’écologie responsable, c’est celle du bon sens.

Celle qui réconcilie l’environnement et le quotidien.

Celle qui protège sans punir.

Non à l’écologie idéologique du « toujours plus de contraintes » que nous subissons à Besançon depuis 6 ans.

Dimanche, changeons de maire.

1. Analyse du titre : « Je ne laisserai pas les écologistes remettre en cause l’aménagement routier entre Micropolis et Beure »

a) Structure syntaxique et choix lexicaux

  • Sujet actif et futur : Le « je » en position de sujet, associé au futur (« laisserai »), positionne l’auteur comme un acteur décideur et protecteur.
  • Désignation de l’opposition : « les écologistes » est utilisé comme un groupe homogène et indifférencié.
  • Verbe « remettre en cause » : Implique une action négative ou destructrice envers le projet, sans préciser la nature de cette remise en cause.
  • Objet du conflit : « l’aménagement routier entre Micropolis et Beure » est présenté comme un projet concret et localisé, ancrant le débat dans un enjeu territorial précis.

b) Implicites et présupposés

  • Le titre suggère que les écologistes agissent déjà pour remettre en cause le projet, alors que le corps du texte indique ensuite que le projet est « désormais acté ».
  • Aucune mention des motivations ou des alternatives proposées par les écologistes.

c) Contradiction entre le titre et le corps du texte : un risque fictif pour mobiliser

Le titre créé l’illusion d’un risque immédiat (« Je ne laisserai pas les écologistes remettre en cause… »), comme si le projet était menacé par une opposition active. Pourtant, le corps du texte affirme que le projet est « désormais acté, et se réalisera », c’est-à-dire déjà validé et irréversible.

  • Effet recherché :
    • Dramatiser une situation qui n’en a plus besoin, pour mobiliser émotionnellement les électeurs.
    • Maintenir un climat de conflit même après la victoire, afin de justifier une posture radicale (« Non à l’écologie idéologique »).
    • Instrumentaliser la peur d’un blocage (qui n’existe plus) pour lier le projet à un choix électoral (« Dimanche, changeons de maire »).

Cette dissonance volontaire permet de fédérer un camp en entretenant l’idée d’une menace permanente, tout en occultant les complexités (recours juridiques, coûts, alternatives).

2. Analyse du corps du texte : procédés rhétoriques et construction argumentative

a) Première phrase : affirmation et légitimation

« J’ai défendu le projet d’aménagement de la RN 57 entre Micropolis et Beure contre l’opposition des écologistes et de Madame Vignot. Il est désormais acté, et se réalisera. »

  • « J’ai défendu » : Positionne Monsieur Croizier comme un défenseur actif du projet.
  • « Opposition des écologistes et de Madame Vignot » : Regroupe deux acteurs sous une même bannière, unifiant leurs positions.
  • « Il est désormais acté, et se réalisera » : Présente le projet comme inéluctable, sans évoquer les étapes administratives ou les possibles recours.

b) Série anaphorique : généralisation et ciblage

« Tout le monde ne vit pas au centre-ville de Besançon.

Tout le monde n’a pas un arrêt de tram dans sa rue.

Tout le monde ne peut pas circuler à vélo. »

  • Répétition de « Tout le monde ne… » : Insiste sur l’inégalité d’accès aux alternatives à la voiture.
  • Cible un public spécifique : Les habitants hors centre-villenon-usagers du tram ou du vélo.
  • Effet : Crée une opposition implicite entre les habitants du centre-ville et ceux de la périphérie.

c) Accusation et victimisation

« Je refuse le mépris des écologistes envers les habitants qui n’ont pas d’autre choix que de prendre la voiture pour simplement aller travailler, déposer les enfants ou faire les courses. »

  • « Mépris » : Terme fort et connoté négativement, attribuant une intention morale aux écologistes.
  • « N’ont pas d’autre choix » : Présente les automobilistes comme contraints, renforçant l’idée d’une injustice subie.
  • Exemples concrets (« aller travailler, déposer les enfants, faire les courses ») : Visent à créer une identification avec le lecteur.

d) Alternative binaire et conséquences négatives

« Refuser cet aménagement routier, ce n’est pas défendre l’écologie, c’est condamner des milliers de familles à subir les embouteillages, la pollution et l’insécurité routière. »

  • Opposition binaire : « défendre l’écologie » vs « condamner des familles ».
  • Conséquences négatives (« embouteillages, pollution, insécurité routière ») : Termes émotionnels associant le refus du projet à des effets dommageables.

e) Lien entre deux mesures et objectifs communs

« L’arrêté interdisant les poids lourds en transit sur la RN 83, que j’ai porté politiquement, est complémentaire à l’aménagement de la RN 57. Il poursuit le même objectif : améliorer durablement les conditions de circulation, la qualité de vie des habitants, l’attractivité, le développement économique de Besançon et du Grand Besançon. »

  • Lien établi entre l’arrêté sur la RN 83 et l’aménagement de la RN 57, présentés comme cohérents et complémentaires.
  • Objectifs communs (« améliorer durablement… ») : Termes positifs et larges, visant à légitimer les deux mesures.

f) Définition de « l’écologie responsable »

« L’écologie responsable, c’est celle du bon sens. Celle qui réconcilie l’environnement et le quotidien. Celle qui protège sans punir. »

  • « Écologie responsable » vs « écologie idéologique » : Opposition entre deux formes d’écologie, sans définition précise de la seconde.
  • Valeurs associées (« bon sens », « réconcilier », « protéger sans punir ») : Termes positifs et rassurants, discréditant les approches alternatives.

g) Rejet et référence temporelle

« Non à l’écologie idéologique du « toujours plus de contraintes » que nous subissons à Besançon depuis 6 ans. »

  • « Non à » : Introduction d’une opposition frontale.
  • « Toujours plus de contraintes » : Suggestion d’une accumulation de mesures restrictives, sans préciser lesquelles.
  • « Depuis 6 ans » : Période correspondant au mandat de Madame Vignot, liant directement cette critique à son action.

h) Appel électoral

« Dimanche, changeons de maire. »

  • Appel direct au vote, associant le projet RN 57 à un enjeu politique local.
  • Simplification du débat : Le choix du maire est présenté comme décisif pour l’avenir du projet.

3. Tableau comparatif : titre vs corps du texte

ÉlémentTitreCorps du texteEffet produit
Acteurs« Je » vs « les écologistes »« J’ai défendu » vs « l’opposition des écologistes et de Madame Vignot »Personnalisation du conflit et unification de l’opposition.
Projet« Aménagement routier » (neutre)« Il est acté, il se réalisera » (affirmatif)affirmation du projet comme une évidence, malgré la contradiction avec le titre.
Enjeux« Remettre en cause » (action négative)« Condamner des familles » (conséquences négatives)Dramatisation des conséquences d’une opposition au projet.
AlternativesAucune mention« Tout le monde ne… » (manque d’alternatives)Occultation des solutions autres que la 2x2 voies et d’une réalité des faits et administrative qui entoure un tel projet.
Risque vs. réalitéMenace active (« ne laisserai pas »)Projet « acté » (sans risque réel)Création d’un risque fictif pour mobiliser émotionnellement.
Appel finalImplicite (protection)Explicite (« Changeons de maire »)Réduction du débat à un choix électoral binaire.

4. Mécanismes rhétoriques et implicites moraux

  • Moralisation du débat : Utilisation de termes à charge morale (« mépris », « condamner », « punir », « idéologique ») pour discréditer les positions opposées.
  • Binarisation des options :
    • « Écologie responsable » (positive) vs « écologie idéologique » (négative).
    • « Bon sens » vs « contraintes ».
  • Appel à l’émotion : Phrases sur les « familles condamnées » ou le « mépris » visent à susciter une réaction affective.
  • Simplification des enjeux : Absence de mention des complexités administratives, financières et environnementales du projet.

5. Comment le langage oriente la perception

Ce texte utilise des procédés linguistiques pour :

  • Structurer un récit autour d’une opposition claire entre deux camps, même après la victoire (projet « acté »).
  • Légitimer le projet en le présentant comme inéluctable, tout en entretenant l’idée d’une menace (écologistes) pour mobiliser.
  • Diaboliser les opposants, présentés comme méprisants ou idéologiques, sans nuance ni preuve.
  • Réduire le débat à une alternative simple : pour ou contre la 2x2 voies, en occultant les alternatives (transports en commun, covoiturage, report modal).
  • Lier le projet à un choix politique personnel (« changeons de maire »), simplifiant les enjeux complexes (coûts, recours, délais) en un vote binaire.

Cette analyse montre comment le langage et les procédés rhétoriques créent une narration qui :

  • Mobilise un électorat via des registres émotionnels et moraux.
  • Occulte les alternatives et les complexités pour présenter le projet comme une solution évidente.
  • Instrumentalise la contradiction entre titre et corps du texte pour maintenir un climat de conflit, même après la validation du projet.

Analyse de l’absence de sources dans le post : procédés et effets

1. Constat général : un discours sans références explicites

Le post de Monsieur Croizier ne cite aucune source pour étayer ses affirmations, qu’elles soient :

  • Factuelles (ex. : « le projet est acté »),
  • Interprétatives (ex. : « les écologistes méprisent les automobilistes »),
  • Prédictives (ex. : « condamner des familles à la pollution »).

Conséquence : Le lecteur est invité à faire confiance à l’auteur sur la base de son autorité personnelle (« Je refuse », « J’ai défendu »), sans possibilité de vérifier les informations par lui-même.

2. Procédés linguistiques compensant l’absence de sources

a) L’usage du « je » et de la première personne

  • « J’ai défendu »« Je refuse »« Je ne laisserai pas » :
    • Effet : L’auteur se positionne comme témoin direct et garant de la vérité de ses propos.
    • Fonction : Remplace l’argumentation sourcée par une affirmation personnelle, difficile à contester sans recherche externe.

b) La victimisation par l’évidence : des affirmations présentées comme des vérités incontestables

*« Tout le monde ne vit pas au centre-ville de Besançon.

Tout le monde n’a pas un arrêt de tram dans sa rue.

Tout le monde ne peut pas circuler à vélo. »

  • « Tout le monde ne… » :
    • Forme : Phrases courtes, répétitives et affirmatives, qui imposent une réalité sans discussion possible.
    • Effet : Ces affirmations sont présentées comme des évidences universelles, alors qu’elles généralisent des situations complexes (ex. : accès aux transports, pratiques de mobilité).
    • Fonction :
      • Victimiser les automobilistes en les décrivant comme contraints par un système qui ne leur offre aucune alternative réaliste.
      • Éviter tout débat sur les solutions existantes (ex. : lignes de bus en périphérie, pistes cyclables sécurisées, covoiturage) ou les données concrètes (taux d’équipement en voitures, couverture des transports en commun).
    • **Conséquence **:
      • Les automobilistes sont réduits à un statut de victimes, sans responsabilité ni choix, face à une écologie présentée comme punitive.
      • Le débat est dépolitisé: les difficultés de mobilité deviennent une fatalité, et non le résultat de **choix politiques **(aménagement du territoire, investissements dans les transports, etc.).

c) Les oppositions binaires

  • « Écologie responsable » vs « écologie idéologique » :
    • Effet : Crée un cadre moral où une option est naturellement supérieure à l’autre.
    • Fonction : Rend inutile la comparaison objective des deux approches (ex. : études d’impact, coûts/bénéfices).

d) Les scénarios catastrophistes

  • « Condamner des familles à la pollution » :
    • Effet : Mobilise la peur et l’urgence, sans avoir à prouver la réalité ou l’ampleur du risque.
    • Fonction : Justifie l’idée de lutter contre l’arrêt (hypothétique) du projet par l’émotion, par un vote ce dimanche pour la liste menée par Monsieur Fagaut et dont l’auteur fait parti.

e) L’appel à l’expérience partagée

  • « Nous subissons à Besançon depuis 6 ans » :
    • Effet : Sous-entend que le lecteur partage déjà cette perception, donc qu’elle n’a pas besoin d’être démontrée.
    • Fonction : Contourne la nécessité de citer des exemples concrets (ex. : quelles contraintes précises ?).

3. Effets de l’absence de sources sur le lecteur

EffetMécanismeExemple dans le texte
Crédibilité par l’autoritéLe lecteur accorde du crédit à l’auteur parce qu’il est élu, pas parce qu’il cite des sources.« J’ai défendu le projet… Il est acté. »
Simplification du débatLes enjeux complexes sont réduits à des oppositions claires (bien/mal).« Écologie responsable » vs « écologie idéologique »
Mobilisation émotionnelleLes arguments touchent les valeurs (justice, famille) plutôt que la raison.« Condamner des familles à la pollution »
Difficulté à contesterSans sources, le lecteur ne peut vérifier ou nuancer les affirmations.« Les écologistes méprisent les automobilistes. »
Création d’un « nous »L’auteur s’identifie au lecteur (« nous subissons »), renforçant l’adhésion.« L’écologie idéologique que nous subissons »

4. Comparaison avec d’autres discours politiques

Cette stratégie de non-sourçage n’est pas unique à ce post. Elle est courante dans les discours politiques ou militants, où :

  • L’objectif est de convaincre rapidement, pas de démontrer (ex. : slogans, tribunes).
  • Le public est souvent déjà acquis à la cause, ou vu comme peu enclin à vérifier les informations.
  • Le contexte (ici, une élection municipale) favorise les messages percutants plutôt que les analyses nuancées.

Exemples similaires :

  • « La réforme va sauver l’hôpital public ! » (sans citer d’études d’impact).
  • « Les écologistes veulent supprimer les voitures ! » (sans préciser leurs propositions réelles).

5. Pourquoi cette absence de sources ? Hypothèses

Plusieurs raisons stratégiques peuvent expliquer ce choix :

  1. Gain de temps et d’impact :
    • Un post court et percutant marque plus qu’un texte technique avec des références.
    • Les réseaux sociaux privilégient les messages simples et émotionnels.
  2. Ciblage d’un public spécifique :
    • Les électeurs déjà sensibilisés aux enjeux de la RN 57 sont vuq comme n’ayant pas besoin de preuves : ils savent de quoi il retourne.
    • Les électeurs indécis sont plus sensibles à un discours moral (« protéger les familles ») qu’à des données administratives.
  3. Éviter les contre-arguments :
    • En ne citant pas de sources, l’auteur limite les risques que ses affirmations soient contredites (ex. : si les écologistes ont effectivement dans une posture d’arrêter le projet, nous y reviendrons). Oui finalement comment contre argumenter des arguments absent
  4. Construction d’un récit :
    • Le post raconte une histoire (un élu qui défend les familles contre des idéologues) plutôt qu’il ne démontre une thèse.
    • Les sources pourraient complexifier ce récit en introduisant des nuances ou des détails techniques. A priori c’est pas l’objectif ici.

6. Risques et limites que je vois dans cette approche

RisqueExplicationExemple potentiel
Manque de crédibilitéLes lecteurs exigeants (journalistes, citoyens curieux, citoyens désirant oeuvrer à la chose publique, opposants) peuvent remettre en cause les affirmations.Un journaliste (oui j’aime l’idée) pourrait demander : « Où est la preuve du mépris ? »
Débat polariséSans sources, le débat se réduit à des accusations croisées plutôt qu’à un échange sur les faits.Réponse possible des écologistes : « C’est vous qui méprisez les cyclistes ! » Réponse d’une citoyenne “quels élements vous font dire ça? ou puis je consulter vos sources?”
Effet boomerangSi des contredits émergent (ex. : le projet n’est pas si « acté »), la crédibilité de l’auteur en pâtit.Ex. : « En réalité, le projet est bloqué par un recours. »
Public mal informéLes électeurs peu informés peuvent prendre des décisions sur la base d’affirmations non vérifiées.Ex. : voter pour/contre un projet sans connaître ses coûts réels.

7. Un brin d’histoire

Je ne peux m’empêcher de glisser ici ces quelques mots, sur l’histoire du projet cité, non pour alimenter le débat, mais simplement pour le plaisir des détails. L’objet du post, lui, se situe à priori bien ailleurs.

  • Vote en conseil municipal (24 juin 2021) :
    Le projet d’aménagement de la RN 57 entre Micropolis et Beure a été adopté par 26 voix pour, 21 contre et 8 abstentions lors du conseil municipal de Besançon. Anne Vignot, maire écologiste, a voté contre, mais en tant que maire, elle a respecté le résultat du vote et assuré la mise en œuvre administrative du projet, conformément à la démocratie locale.
    -Vote en conseil communautaire de Grand Besançon Métropole (28 juin 2021) :
    Le dossier a été à nouveau discuté et adopté lors du conseil d’agglomération du 28 juin 2021, avec une large majorité (les chiffres exacts de ce vote ne sont pas détaillés dans les sources consultées, mais le projet a été validé malgré l’opposition des élus écologistes).
  • Recours juridique en cours :
    Un collectif d’associations (RN+5,7°, France Nature Environnement, Alternatiba, etc.) a déposé un recours contre l’arrêté préfectoral du 30 novembre 2022, déclarant d’utilité publique les travaux. L’audience devant le tribunal administratif de Besançon a eu lieu le 3 décembre 2024, mais aucune décision définitive n’a encore été rendue à ce jour (mars 2026). Le collectif conteste notamment le caractère « d’utilité publique » du projet et demande une réorientation des fonds vers des alternatives.
    Le recours est un recours d’un collectif citoyen, pas d’un mouvement politique comme le post de Monsieur Croizier pourrait le laisser supposer.
  • Financement et étapes :
    Le coût total du projet est estimé entre 180 et 200 millions d’euros(contre 130 M€ initialement prévus), en raison de l’inflation et des spécificités techniques. Le financement est réparti comme suit :
    • État : 50%
    • Région Bourgogne-Franche-Comté : 12,5%
    • Grand Besançon Métropole : 25%
    • Département du Doubs : 15,9 M€
  • Les travaux sont prévus en deux phases :
    • Phase 1 (2026-2029) : Tronçon entre la tour de l’Amitié et Micropolis.
    • Phase 2 (2029-2031) : Tronçon entre Micropolis et Beure, sous réserve de financements complémentaires.

8. Conclusion et ouverture : vers une démocratie locale qui écoute et partage

a) Ce que ce post révèle pour moi : une rhétorique qui verrouille le débat

Lire ce post, en tant que citoyenne, me blesse profondément et me tend. Non pas parce que je suis pour ou contre la RN 57, mais parce que sa construction rhétorique ferme la porte à toute nuance, à toute parole qui ne s’aligne pas sur son camp.

Voici pourquoi :

  • Un discours binaire :
    « Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre les familles, contre le bon sens, contre Besançon. »
    Sous-entendu : « Il n’y a pas d’espace pour discuter, pour proposer, pour nuancer. »
    Pourtant, la réalité est beaucoup plus complexe : des habitants ont des besoins différents, des experts proposent des alternatives, des élus portent des visions variées.
  • Une légitimité confisquée :
    Le post s’appuie sur des faits réels (le vote du projet, les financements) mais les instrumentalise pour imposer une seule lecture : « Nous avons raison, les autres ont tort. »
    Résultat : Les citoyens qui ne partagent pas cette vision sont réduits au silence, présentés comme idéologiquesméprisants, ou décrochés des réalités.
    Or, la légitimité n’appartient pas à un seul camp : elle se construit dans l’échange, dans la confrontation des points de vue, dans la reconnaissance des savoirs d’usage (celui des habitants, des commerçants, des techniciens).
  • Une démocratie en spectacle :
    Ce type de discours transforme la démocratie en un match : « Nous contre eux. »
    Conséquence : Les élus deviennent des décideurs solitaires, les agents des exécutants muets, et les habitants des spectateurs résignés – ou pire, des adversaires à convaincre plutôt que des partenaires à écouter.

b) Ce à quoi j’aspire : une posture qui ouvre, plutôt que verrouille

Ce qui me révolte, c’est que des écrits comme celui-ci verrouillent la démocratie. Ils ferment les portes là où il faudrait les ouvrir :

  • Ouvrir à la complexité :
    Un projet comme la RN 57 ne se résume pas à un « pour » ou un « contre ». Il implique des enjeux techniques (trafic, pollution, coûts), des enjeux sociaux (mobilité des périurbains, qualité de vie), et des enjeux politiques (qui décide ? comment ? avec qui ?).
    Pourquoi ne pas dire :
    « Voici les arguments des uns et des autres, voici les études disponibles, voici les alternatives explorées. À vous de vous forger une opinion. » ?
  • Ouvrir à la légitimité partagée :
    La légitimité n’est pas monopolistique. Elle est multiple :
    • Celle de l’élu, porteur d’un mandat, mais pas d’une vérité absolue.
    • Celle de l’agent territorial, expert de son domaine, mais aussi acteur de terrain.
    • Celle de l’habitant, spécialiste de son quotidien, de ses trajets, de ses besoins.
    • Celle du commerçant, observateur et acteur de la vie locale.
      Aucune ne prime sur les autres. Toutes doivent pouvoir s’exprimer, se confronter, s’enrichir.
  • Ouvrir à la responsabilité collective :
    Un discours qui diabolise ou qui simplifie décharge à mon sens les citoyens de leur responsabilité.

Or, la démocratie locale, c’est l’affaire de tous :

  • « Comment, ensemble, on construit des solutions qui répondent aux besoins de chacun ? »
  • « Comment on crée des espaces où chacun se sent légitime à parler, même sans diplôme ou sans mandat ? »

c) Pour aller plus loin : et si on arrêtait de faire semblant ?

Ce post est un symptôme d’une démocratie locale en panne de dialogue. Il illustre une posture qui ferme, plutôt qu’elle n’ouvre.

Ce que je propose :

  • Arrêter les discours qui clivent :
    « Vous êtes trop émotifs, pas assez rationnels » → Non. Les émotions, les vécus, les colères sont légitimes. Ils doivent pouvoir s’exprimer sans être disqualifiés. C’est d’ailleurs peut être bien le bout par lequel devrait être cherché l’enjeu/ le bsoin, pour ensuite créer ensemble les actions pour y répondre. Oui ça éviterait peut être la mise en place d’action décorélé d’un besoin du citoyen.
    « C’est technique, vous ne pouvez pas comprendre » → Non. Les citoyens ne sont pas des incapables. Ils ont le droit à des explications claires, à des débats accessibles et contributifs pour de vrai.
  • Créer des espaces de légitimité partagée :
    Des lieux où chacun peut parler, sans craindre d’être jugémoqué, ou réduit au silence.
    Des temps où les élus écoutent, où les techniciens expliquent, où les habitants proposent et inversement.
  • Assumer la complexité :
    Un projet comme la RN 57 ne se résout pas par un simple « pour » ou « contre ».
    Il se construit :
    • Avec des données (études de trafic, coûts, impacts environnementaux).
    • Avec des alternatives (transports en commun, covoiturage, aménagements cyclables).
    • Avec des citoyens (habitants, associations, commerçants).

En résumé :

Ce post de Monsieur Croizier mélange des faits réels (les votes, les financements) et des affirmations non sourcées (« les écologistes méprisent les automobilistes »). Je pense que l’espoir de son efficacité électorale repose sur cette simplification, qui ferme le débat plutôt qu’elle ne l’ouvre.

Mais la démocratie locale, ce n’est pas ça.

C’est l’inverse :

  • Écouter, plutôt que parler à la place de.
  • Partager les savoirs, plutôt que les confisquer.
  • Construire ensemble, plutôt que décider pour.

Alors oui, Monsieur Croizier, ce post me blesse. Parce qu’il verrouille ce à quoi je crois : Une démocratie où chacun a sa place, où chaque parole compte, où les décisions se prennent avec les citoyens, et pas malgré eux. Si vous ou l’un de vos colistiers avez aussi vécu ceci, je suis intéressé de vous lire la dessus, avec des faits, des sources. Parce que vous aussi je vous considère légitime à dire ce que vous ressentez: comme tout le monde.

Voici une sélection de sources officielles et d’articles concernant la RN57:

Neuvecelle 2026 : Quand la démocratie locale se réinvente
Ce n’est pas une fiction, mais une réalité en cours.